mercredi 2 mars 2016

Le garde-manger des îles bretonnes


Lorsque l'on ouvre les placards d'une maison de vacances inconnue, de drôles (et agréables) surprises sont parfois au rendez-vous!

Des algues! Rien de bien étonnant au fait de trouver des algues à Belle île en Mer me direz vous...

Quelques expérimentations (réalisées sur place!) plus tard, je vous livre une première recette faite d'algues, de farine, de levure et d'eau...


Les crackers du Palais, biscuits salés aux algues wakamé

Le terme crackers m'est moins familier que celui de galletitas, son équivalent argentin. Nous avions pris l'habitude d'en dévorer des quantités pour accompagner nos matés à Buenos Aires. Nous avons donc savouré nos galletitas marines en sirotant un agréable maté.




 


Pour une trentaine de crackers:

150g de farine T65
2g d'algues wakamé à réhydrater
un bol d'eau
3 c. à. s. d'huile d'olive
3 c. à s. de l'ait d'avoine
2 c.à s. d'eau
1 c. à c de sel     
1 c. à c. de poudre levante.










Réhydrater les algues dans un bol d'eau pendant une petite dizaine de minutes.
Pendant ce temps, verser tous les autres ingrédients dans le bol d'un robot, ou dans un saladier.
Une fois les algues réhydratées, les égoutter puis les ciseler dans un bol à l'aide de ciseaux. Ajouter les algues ainsi découpées à la préparation. Mélanger jusqu'à l'obtention d'une pâte à étaler.
Etaler la pâte sur une feuille de papier cuisson, ajouter une pincée de sel et repasser le rouleau à patisserie pour l'incruster dans la pâte, puis pré-couper les crackers.





Enfourner à 180°C pour 15mn. Déguster pour accompagner un maté ou un apéritif.






Prochaine recette: la fougasse des îles aux algues




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mardi 16 février 2016

Images en provenance du garde-manger



Envie d'organiser un atelier du garde-manger, 
chez vous, dans votre cuisine? 



Contactez-moi par mail: mariemorgane75@gmail.com ou via ma page facebook: ekent.LeGardeManger pour réserver une date.



Le garde-manger est votre cuisine ! L'atelier s'organise chez vous, aux heures et dates qui vous conviennent.
Suivez le guide, c'est facile!

1-Vous me contactez via ma page facebook/twitter/mail ;
2-Vous motivez 3 ami-e-s minimum (7 max) à vous rejoindre ;
3-On trouve une date ;
4-Vous faites un inventaire (rapide ou précis selon vos souhaits) de vos placards ;
5-Je viens chez vous pour animer l'atelier du garde-manger ;
6-On mange sur place ou on fait des provisions !



Après l'atelier, vous recevrez bien entendu par email les fiches recettes de tous les petits plats que nous aurons concoctés ensemble.











Plus d'infos sur la page facebook du garde-manger: 







vendredi 29 janvier 2016

Ne jetez plus vos tiges de persil!



 Le garde-manger au crépuscule



Il y a des soirs où la lutte contre le gaspillage alimentaire dans son propre foyer prend une tournure délicate.

Ouvrir son frigo, fouiller, scruter, et trouver ça:



Fichtre! Que faire de ces légumes désassortis... de ces tiges en pagaille, de ce céleri tâché?


Une carotte et un oignon plus tard, nous en sommes là, et les tiges de persil n'ont pas bougé.



,


La faim gronde dans la cuisine, l'heure tourne, je me décide pour un crumble... aux tiges de persil pour recouvrir ces légumes pré-cuits. Un peu de beurre, une cuillère à soupe de graines de courges rapidement concassées, de la farine d'épeautre complète, et bien entendu les tiges de persil!





J'avais mis des lentilles à tremper le matin et les avais fait cuire en début de soirée. On ne sait jamais, c'est toujours pratique d'avoir des légumineuses prêtes à l'emploi. J'ai donc rajouté une couche de lentilles sur les légumes avant d'y disposer les miettes de crumble.


Voilà le résultat avant cuisson:




 Et après cuisson:




Sitôt cuit, sitôt mangé!!



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jeudi 14 janvier 2016

Le garde-manger: mode d'emploi


La cuisine vous tente, mais vous n'avez ni le temps, ni l'envie de faire 36 courses et de vous plonger dans les livres ou les blogs culinaires.
Vos placards sont pleins, mais vous n'y trouvez rien de bien enthousiasmant.
Vous en avez marre de faire les courses tout le temps.
Vous rêvez de plus de cuisine-santé gourmande, de devenir le roi ou la reine de la cuisine des légumineuses, céréales, légumes, etc.
Vous voulez découvrir le bio, la cuisine végétale, la simplicité gastronomique du zéro waste, ou pourquoi pas le sans gluten ?




Le garde-manger est votre cuisine ! L'atelier s'organise chez vous, aux heures et dates qui vous conviennent.

Suivez le guide, c'est facile!

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3-On trouve une date ;
4-Vous faites un inventaire (rapide ou précis selon vos souhaits) de vos placards ;
5-Je viens chez vous pour animer l'atelier du garde-manger ;
6-On mange sur place ou on fait des provisions !

Avant le printemps, on profite de la grisaille pour faire les fonds de placards, les ateliers sont à petits prix!
Les ateliers sont sur-mesure, n'hésitez surtout pas à me faire part de vos questions, vos souhaits de cuisiner avec tel ou tel ingrédient, etc.


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mercredi 13 janvier 2016

Le garde-manger: un jeu, vraiment?



S'il y a bien un terrain de jeux que j'affectionne particulièrement, c'est celui de la cuisine!

Ni jeu de société, ni jeu de rôle, le garde-manger est un jeu atypique, un de ces jeux dont vous êtes le héro... Avec l'avantage incontestable que c'est vous qui définissez les règles du jeu.

Par facilité?

Non, par esprit de liberté, car chacun doit avoir le droit d'être libre-mangeur.

Le contenu de vos placards est unique (peut-être pas en produits), mais en ensemble de produits et en quantité.
Le contenu de votre réfrigérateur vous appartient. Bien que certaines consignes de rangement existe, on imaginerait mal un bataillon de réfrigérateurs organisés exactement à l'identique.


Les règles

Une fois l'inventaire dressé, on se pose la question centrale du jeu:

Avec
ce
que
j'ai
chez moi
combien de 
temps puis-je
tenir sans aller
faire de courses
tout en cuisinant
de belles et
bonnes choses?


Rapidement, on se rend compte qu'on ne tiendra pas longtemps sans aller acheter telle ou telle chose... Et puis l'envie de jouer n'est pas vraiment là: pas drôle de faire les fonds de placards et de s'interdire les excentricités alimentaires quotidiennes...

Ah non, pas drôle? C'est à voir, car les garde-manger offrent des découvertes culinaires fantastiques.

Et l'originalité du jeu, c'est que chacun établit ses règles, tout en essayant de s'y tenir pour une période donnée. Mais avec souplesse et indulgence, car n'oublions jamais le plaisir de bien manger.


Exemple de situation:

Mon placard de céréales et autres denrées sèches ne se vide pas. Les nouvelles recettes appellent de nouveau ingrédients, et on se retrouve avec un placard plein de petites quantités qui restent inutilisées ... du genre:





Ma règle de décembre 2015: ne pas racheter de céréales avant d'avoir termine: l'orge perlée, l'épeautre, le quinoa, les pois chiches, le riz complet, les lentilles marron, le riz rond italien... Si une recette spécifique requiert une céréales que je n'ai pas, j'essaye avec une autre.
Par contre, mon approvisionnement en légumes et produits frais continue! Je fais comment, sinon, pour cuisiner des plats savoureux et faire manger mes enfants?!


Quelques semaines de cuisine goûtue et d'essais des plus extrêmes, ça peut donner:





Avec à la clefs quelques délices dignes de simplicité gastronomique. Le dernier en date, un orgeotto (comprendre risotto d'orge) au bouillon de poudre d'aromates maison, comté vieux, poivre sauvage et persil.



Et qu'est ce qu'on gagne?

Des bons repas, en tout cas des expérimentations atypiques concoctées par vos soins (là je n'y suis pour rien...)

L'argent qu'on ne dépense pas (on évite de retourner faire les courses et d'acheter du cher-et-vite-prêt. On a tous chez soi de quoi faire du bon.)

Des recettes! Transmettez-moi vos règles du jeu et vos inventaires, je vous enverrai des recettes hautes en couleurs!

Des cours de cuisines à prix réduits, chez vous, avec le contenu de vos placards. Pour cela essayez mes recettes, inventez les vôtres, envoyez moi vos photos.





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jeudi 10 décembre 2015

Le jeu du garde-manger: l'inventaire




La revue, le catalogue, le dénombrement, l'état, la liste, le répertoire, l'énumération, l'état des lieux, le recensement...


Pour quoi faire? Pour se lancer dans le jeu du garde-manger pardi! Pour ceux qui auraient raté les premières étapes, quelques mises à niveau: 

la présentation volume 1, la présentation volume 2, l'occasion. 



Pour cette phase primordiale du jeu, j'ai retenu l'inventaire plus que tous ses synonymes pour le plaisir du jeu. De ce jeu sérieux. Car l'inventaire est sérieux, ne nous méprenons pas. Il doit être ordonné et rigoureux.
Une des définitions données par le CNRTL (centre national de ressources textuelles et lexicales) m'a séduite plus que d'autres, tant elle fait de nos placards une source de cohérence. D'un tel désordre, qui plus est inconnu, parvenir à l'harmonie..

"Inventaire: (A propos d'éléments, matériels ou non, qui présentent une similitude de nature ou de fonction). Dénombrement d'éléments, groupés par catégories, qui constituent un ensemble cohérent, à un moment donné." (http://www.cnrtl.fr/definition/Inventaire)








"Alors vraiment, il faut le faire? C'est superflu... 
On sait bien ce que l'on a, dans nos placards! 
Et puis d'ailleurs, moi je suis déjà très rigoureux, rien ne se perd."



Rien ne se créé. Tout se transforme? Ben voyons! J'ai d'ailleurs appris récemment ce véritable scoop!(en lisant wikipédia): cette bien connue maxime attribuée à Lavoisier est la paraphrase d'un philosophe grec, le présocratique Anaxagore ayant vécu au Vème siècle avant JC: "Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent puis se séparent de nouveau".

À méditer pour nos placards....



Mais revenons à notre inventaire. Le chantier est de taille! Et cela ne dépend pas forcément des dimensions de la cuisine. Bien entendu, s'il faut y ajouter une arrière cuisine, une cave et un cellier, l'expérience peut durer un peu plus de temps que dans la kitchenette d'un studio.

L'objectif: partir à la découverte de notre garde-manger réel. Il ne s'agit pas des quelques ingrédients négligemment rangés depuis plusieurs mois sur l'étagère contiguë au plan de travail ou sagement déposés à l'endroit le plus pratique pour y avoir aisément accès à la vitesse de l'éclair. Il faut oublier la simplicité du frais, tout ne se résume pas aux fruits et légumes. Quant à ceux qui prétendraient avoir optimiser le rangement et l'ordre dans les placards au point d'être en capacité d'exposer en un temps record l'intégralité du contenu de leur vaste garde-manger, je demande à voir.

Pour beaucoup, il va falloir fouiller. Plonger dans ses placards, sans peur, ni reproche. Explorer, scruter, trier, peser, fureter, chercher, frémir, tripatouiller, tâter... Accepter de retrousser ses manches et de mouiller sa chemise. 

L'avantage, dans ce jeu, car il s'agit bien d'un jeu, c'est que tout le monde gagne! Pas de jaloux, pas de méchants, pas de violence. 
Le jeu du garde-manger, c'est la cuisine dont vous êtes le héro. Non seulement vous vous faites plaisir, mais vous ravissez aussi les palais de tous vos proches, vous sauvez des victuailles, vous contribuez grandement à la réduction du gaspillage alimentaire, vous gagnez de l'argent... Et tout cela sans sortir de votre cuisine. C'est pas beau, ça? 


Mais pour cela, il va falloir agir, et ça commence par un inventaire précis du contenu comestible de votre cuisine: partez à la découverte de votre garde-manger. 

#Trop long? trop compliqué? pas le temps? Prenez au moins le temps de finir ce post, puis passez à la suite des posts ou sur la page facebook du garde-manger, la grande aventure du garde-manger ne fait que commencer! A venir: conseils, outils, ateliers à domicile, recettes en pagaille, ... 

#Si vous êtes motivé, munissez vous d'un calepin, d'un crayon, d'une balance et d'un petit saladier. On tri, on pèse, on note les produits, les quantités, les dates de péremption (s'il y en a! N'oubliez pas que dans le sec, les aliments peuvent se détériorer mais se perdent rarement...)



Pour donner une idée: mon inventaire de fin d'automne 2015 (en sec...)


150 g de raisins secs
66g de graines de lin
167g de fèves de cacao rapportées d'un voyage en Equateur il y a plusieurs années
1 sachet de 250g de mirabelles séchées
1/5 d'un pot de sirop d'agave
950g de farine T65
29g de chocolat broyé
30g de spiruline en poudre
500g de café en grains
250g de miel de mon village breton
100g de miel espagnol
11 noisettes
61g d'amandes
18g de graines de tournesol
71g de graines de courge
210 g de flocons d'avoine
1 gros bocal de poudre de cacao amer
3g d'agar agar en bocal
5 morceaux de gingembre confit
200g de sucre complet
120g de sucre glace
72g de graines de sésame
160g de blanchettes (châtaignes séchées) ramenée de Lozère en juin 2011...
2kg de sucre de canne
93g de farine T110
620g de farine de riz
300g de farine de pois chiches de 2011
500g de farine de pois chiches de 2015
610g de farine de maïs
1kg de farine de grand épeautre
274g de maïzena
500g de noix de coco râpée d'au moins 5 ans d'âge
182g de farine de châtaigne
2X20cl de crème fraîche légère pasteurisée
20cl de crème de soja
300g de purée de châtaigne nature
1 kg de sucre complet
500g de miel toutes fleurs du Pays Bigouden
1 boîte de thon au naturel
1 bocal de pulpe de pruneaux
1 flacon de fleur d'oranger
600g de poudre de cacao amer d'Equateur
1 bocal de moutarde à l'absinthe
230g de gruée de cacao
500g de pruneaux moelleux
860g de pruneaux secs
des bocaux de confiture en pagaille (rhubarbe, abricot, mûre, prune d'ente)
350g de chocolat de couverture
500g d'olives noires au naturel
1 sachet de 4 biscuits épeautre sésame
4 petites compotes
200g de caroube en poudre
1 tablette de chocolat à croquer 70%
1 tablette de chocolat à cuisiner 55%
290g de flocons d'épeautre
266g de riz basmati complet
560g de riz long demi-complet italien 
82g de quinoa
27g de pâtes alphabet aux légumes
186g de haricots azukis
700G de lentilles vertes
168g d'orge perlée
10g de poudre d'amande
58g de pâtes rondes blanches
240g de penne demi-complets
500g de lentilles corail
250 de polenta
500g de semoule de blé fine complète
20g de semoule de blé fine blanche
50g de semoule à couscous
1 boîte de 400g de croquets au sarrasin
300g de noix entières

Bigre! Quelle bazard, mais quelle richesse!

Alors, avec tout cela, combien de temps puis-je tenir sans aller faire de courses?



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mardi 8 décembre 2015

Le jeu du garde-manger: l'occasion


L'occasion

(Pour se lancer dans le jeu du garde-manger)



En faut-il une?


Si la réponse est non: n'hésitez plus, passez au post suivant: l'inventaire.


Si la réponse est oui, voici quelques suggestions pour la trouver ou la provoquer:


# On met notre cuisine en chantier pour refaire la peinture.





#On met notre cuisine en chantier pour tout tout tout refaire.





#On déménage !





#On vient d'avoir un (ou plusieurs) bébé(s), ce qui multiplie le nombre de biberons et de trucs de bébé dans la cuisine, il faut faire de la place !






#Il faut qu'on fasse des économies tout en continuant à bien manger...






#La lutte contre le gaspillage alimentaire m'intéresse, je dois agir !






#Etc. Toutes les occasions sont bonnes.



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vendredi 4 décembre 2015

Le jeu du garde-manger


Une présentation (2)




Mes placards, mon réfrigérateur, mon plan de travail... Tout cela regorge de marchandises : du salé, du sucré, du sec, des produits frais, des produits transformés à consommer tel quel, des ingrédients pour la cuisine.... De la bouffe en veux-tu en voilà dans ce gigantesque garde manger qu'est la cuisine. Cette pièce à part où l'on prépare, où l'on mange lorsque l'espace le permet. Petit coin de salle à manger ou de couloir, grande pièce à vivre ou mini-espace, lieu de solitude ou lieu de partage... La cuisine est un univers. C'est aussi un panier garni. Que l'on soulève un fruit et l'on découvrira une corbeille pleine ; un paquet de douceur cachera la conserve du dîner. Un terrain de surprises. Un terrain de jeux pour petits et grands.






La cuisine est aussi lieu de multiples contraintes et contrariétés : il faut y faire la cuisine, ce qui n'est pas un plaisir pour tous ; il faut faire les courses afin d'avoir fraîcheur et réserves ; il y a la vaisselle, l'entretien des ustensiles et robots divers. Les enfants à faire manger, le frigo à nettoyer, les poubelles à vider, l'évier à décrasser, le balai à passer, l'éponge à retrouver. Et puis qu'est ce que je vais encore pouvoir faire à dîner ce soir ? Sans compter que tout augmente, que ce serait super de manger bio, que la viande c'est quand même chouette, mais que c'est la COP21 et qu'il faut agir pour la planète. Et vite! Pour la planète et pour sa propre conscience...


Voici un début d'idée pour celles et ceux qui auraient envie de (se) faire du bien: penser la cuisine comme un espace d'inventions et de créations ; puis ramener cette utopie de l'assiette à une réalité économique toute crue : les finances de la maison... 

Avec
ce
que
j'ai
chez moi
combien de 
temps puis-je
tenir sans aller
faire de courses
tout en cuisinant
de belles et
bonnes choses?



Bien entendu, j'entends déjà (pardon.... j'ai déjà entendu!) : « j'ai pas beaucoup de stock, je fais mes courses tous les jours ». Ou encore : ça va manquer de produits frais tout cela, impossible de vivre sans fruits et sans légumes ! » Puis : « Tu crois vraiment qu'on a que ça à faire ? ».


Oui, peut-être...


L'avantage, et non des moindres, est que les règles du jeu s'adaptent à tous ! Je dois avouer que je n'ai jamais été fanatique des règles de jeu... 

Parler de de jeu est d'ailleurs pour moi une expérience en soi. 

Alors, bercée de rêveries, j'imagine un jeu aux règles mouvantes et (re)façonnables à l'envie. 

Doté de règles appropriables par chacun. Selon ses envies et ses besoins. 

Un jeu des plus modernes dans notre société construite sur le partage et l'individualisme, les deux à outrance dans bien des applications...




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mardi 1 décembre 2015

Le jeu du garde-manger



Une présentation (1)






S'agit-il d'un jeu sérieux? L'avenir le dira.

Indubitablement, l'affaire est sérieuse: faire face à son placard. l'affronter. Entrer dans sa noirceur pour mieux en explorer les catacombes. Manger les miettes, les restes de paquets, les fonds de bocaux. Récupérer l'irrécupérable. Tenter de le faire, au moins. Dénicher et apprécier les trouvailles. S'amuser avec ces souvenirs de produits achetés ou offerts, parfois plusieurs années auparavant. En faire les merveilles d'un soir, ou un dîner des plus humbles. Imaginer de nouveaux mets, créer.

Le placard de la cuisine, autrement dit - en d'autres époques - le garde-manger, est un monde en soi. D'autant que n'est pas garde-manger le placard qui veut.

Il y a les garde-manger "historiques". Les vrais, les grillagés, frais et aérés. Ceux qui servaient de petite pièce froide lorsque le réfrigérateur faisait défaut. En hauteur si nécessaire, sous les fenêtres dans les appartements. De la pièce à la petite armoire en bois.

Il y a les garde-manger du tout venant; l'humble placard de cuisine, remplit tous azimut de denrées en tout genre - sèches puisque les autres vont au réfrigérateur. Plus ou moins colorés, selon les emballages.

Il y a les garde-manger ordonnés: les boîtes et bocaux, les paquets et sachets y sont rangés méthodiquement, avec rigueur. le paquet de céréales est nécessairement à droite, sur l'étagère du bas, quand les conserves et bocaux ne peuvent être qu'au deuxième étage, classées par contenu: à droite, les petits pois carottes avec les flageolets. Les 'bonnes' conserves de viande sont avec le thon au centre et au fond. Puis viennent sur la gauche les pots de confiture et la réserve de pâte à tartiner. En haut, ce sont la(es) farines et le(s) sucre(s), une boîte contenant levure sèche et gousses.

Il y a les garde-manger foutoir. Sans dessus dessous. Difficile d'y trouver un ordre, une logique. Le bocal de confits est à côté des tablettes de chocolat non entamées. Le voisinage du sucre? Des farines certes, mais aussi cette boîte de thon qui traîne, un ou deux petits packs de crème, le miel et les pâtes.

Il y a les garde-manger d'ailleurs. Ceux que l'on ne connaît pas, ou moins, qui sont encore indispensables là où le réfrigérateur n'est pas présent. 
En voie de disparition parfois, comme en témoigne un article sur le garde-manger Vanuatu (ïles Banks) fait de rotin ou d'écorce d'hibiscus, de branches d'arbre, de roseaux, de feuilles, de sève. Ce garde-manger est doté des attributs d'un être vivant: un visage, un dos, des postérieurs... Il est décrit comme une maison dans la maison et servait autrefois d'abri pour les biens valorisés de la famille. 

Il y a les garde-manger moches. Aussi les beaux garde-manger, souvent luxueux, réenchantés par le design. 

Il y a les garde-manger des champs et les garde-manger des villes.

Il y a ...



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vendredi 26 octobre 2012

C comme...Chipa

 La Chipa

La chipa paraguayenne est à base de farine de manioc. Ce point de départ étant posé, il existe de multiples recettes. J'en avais proposé une en mars 2009 sur ce blog: http://petitsvoyagesgastronomiques.blogspot.fr/2009/03/chapitre-2-la-chipa-et-autres-petites.html.
La pratique ayant été intensive pendant quelques temps, nous avons fait évoluer la recette. Ainsi, pour une vingtaine de petits pains:
100g de beurre
4 oeufs
200 g de gouda
2 grosses pincées de sel
10 cl. de lait
500 g de farine (1/3maïs, 2/3 manioc)

La recette est assez simple à réaliser: mélanger les ingrédients, malaxer suffisamment pour obtenir une pâte homogène, puis former de petits boudins.
Mettre au four 25 minutes à 200°C.
Manger froid.

La recette "officielle" paraguayenne d'une des sortes de chipa, est sans farine de maïs. Chacun voit midi à sa porte, comme on dit.

La recette "officielle", fournie par l'Ambassade, en espagnol et en guarani ...


CHIPA KUÑAPE

Ñaikotevë :

½ kg aramirö
½ kg hu’itï (avati mirï)
4 ryguasu rupi’a
Juky jaipotaháicha
150 gr ñandy ka’avo
½ kg kesu paraguái
2 kuchára’i (kuimbe) temimbovurä
Kamby tekotevëháicha

Péicha jajapo va’erä :

Ñamoï peteï mba’yrúpe aramirö, hu’itï, kesu ha temimbovurä. Ñambovu ryguasu rupi’a ha ñamboyku ñandy ka’avo. Ñambojehe’a jahávo mokoïvéva, ñande pópe.
Ñamohe’ö jahávo kambýpe ijavevo porämeve, hyku’ÿre. Jaheja topytu’u 20’.
Ñaikytï ha jajapo ñande chipa’i ijapu’a terä ipukumimíva.
Ñamongyra peteï mba’yru, ñamohenda ipype ñande chipa ha ñamoinge tatakua akúpe hova pytä asy peve.

CHIPA KUÑAPE

Ingredientes:

½ kg de almidón
½ kg de harina de trigo
4 huevos
Sal a gusto
150 gr de margarina
½ kg de queso paraguayo
2 cucharaditas de polvo de hornear
Leche en cantidad suficiente

Preparación:

Verter en un recipiente el almidón, la harina, el queso y el polvo de hornear. Batir los huevos y derretir la margarina. Agregar ambos y mezclar con las manos. Ir agregando de a poco la leche hasta lograr una masa unida, no muy mojada. Dejar reposar 20’.
Ir cortando la masa en porciones formando chipitas redondas o alargadas. Colocarlas en un recipiente aceitado e introducirlas en horno caliente hasta que estén bien doradas.

mardi 27 septembre 2011

L'origine du feu

Texte tiré de Le Cru et le cuit, Vol.1 les Mythologiques, Claude Lévi-Strauss (Plon, 1964, pp.74-75)

Mythe 7 Kayapo-Gorotiré: origine du feu

"Ayant repéré un couple d'aras nichés au sommet d'un rocher abrupt, un Indien emmène son jeune beau-frère, nommé Botoque, pour l'aider à capturer les petits. Il le fait grimper sur une échelle improvisée, mais, parvenu à la hauteur du nid, le garon prétend n'y voir que deux oeufs. (Il n'est pas clair s'il ment ou dit vrai.) Son beau-frère les exige; en tombant, les oeufs se changent en pierres qui le blessent à la main. Furieux, il enlève l'échelle et s'en va, sans comprendre que les oiseaux étaient échantés.
Botoque reste prisonnier pendant plusieurs jours, en haut du rocher. Il maigrit; la faim et la soif l'obligent à consommer ses propres excréments. Enfin, il aperçoit un jaguar tacheté, portant un arc et des flèches et toutes sortes de gibier. Il voudrait l'appeler à son secours, mais la peur le rend muet.
Le jaguar aperçoit l'ombre du héros sur le sol; il essaye vainement de l'attraper, lève les yeux, s'informe, répare l'échelle, invite Botoque à descendre. Effrayé, celui-ci hésite longtemps; il se décide enfin, et le jaguar amical lui propose de monter sur son dos, et de venir chez lui se repaître de viande grillée. Mais le jeune homme ignore le sens du mot "grillé", car en ce temps-là, les Indiens ne connaissaient pas le feu et se nourrissaient de viande crue.
Chez le jaguar, le héros voit un grand tronc de jabota qui se consume; à côté, des tas de pierre comme les Indiens en utilisent aujourd'hui pour construire leurs fours. Il fait son premier repas de viande cuite.
Mais la femme du jaguar (qui était une indienne) n'aime pas le jeune homme qu'elle appelle me-on-kra-tum ("fils étranger, ou abandonné"); malgré cela, le jaguar, qui est sans enfant, décide de l'adopter.
Chaque jour, le jaguar part à la chasse, laissant son fils adoptif avec sa femme qui témoigne une croissante aversion; elle ne lui donne à manger que de la viande vieille et racornie, et des feuilles. Quand le garçon se plaint, elle le griffe au visage, et le pauvret doit chercher refuge dans la forêt.
Le jaguar réprimande sa femme, mais en vain. Un jour, il donne à Botoque un arc tout neuf et des flèches, lui apprend à s'en servir et lui conseille de l'utiliser contre la marâtre, si besoin est. Botoque tue celle-ci d'une flèche en pleine poitrine. Terrifié, il s'enfuit, emportant ses armes et un morceau de viande grillée.
Il arrive à son village en pleine nuit, trouve à tâtons la couche de sa mère, se fait reconnaître non sans peine (car on le croyait mort); il raconte son histoire, distribue la viande. Les Indiens décident de s'emparer du feu.
Quand ils arrivent chez le jaguar, il n'y a personne; et comme la femme est morte, le gibier tué de la veille est resté cru. Les Indiens le font rôtir, emportent le feu. Pour la première fois, on peut s'éclairer de nuit au village, manger de la viande cuite, et se réchauffer à la chaleur du foyer.
Mais le jaguar, rendu furieux par l'ingratitude de son fils adoptif qui lui a volé "le feu et le secret de l'arc et des flèches", restera plein de haine envers tous les êtres, et surtout le genre humain. Seul le reflet du feu brille encore dans ses prunelles. Il chasse avec ses crocs et mange sa viande crue, car il a solennellement renoncé à la viande grillée."




mercredi 27 juillet 2011

Le budin de pan

Ou de retour au pays de l’empanada et du bife de lomo

Par Jean-Baptiste*


Allergiques du drapeau, n’oubliez pas vos paquets de mouchoirs et vos comprimés d’anti-histaminiques si vos pas vous mènent un jour dans la ville de Rosario en Argentine. Vous irez sans doute jeter un œil à la curiosité locale –l’épouvantable monument au drapeau; alors, abattus par le poids de cette expression très concrète et massive de la lourdeur de l’esprit de clocher peut-être irez vous jusqu’à la rive toute proche pour prendre une grande bouffée d’air et qui sait, si le temps est propice et l’horaire adéquat, une brume providentielle descendra-t-elle le cours du Paraná, chargée de l’humidité parfumée d’agrumes sauvages de la forêt subtropicale et portant les échos du grognement d’un jaguar, du glissement d’un anaconda et du cliquetis de la machine à écrire d’Horacio Quiroga.

Le Parana depuis Rosario

L’esprit à nouveau disposé à vagabonder, vous pourrez pousser la porte d’un des innombrables cafés dont les boiseries diffusent aux angles des carrefours une nostalgie toute ríoplatense**. Derrière la vitrine du présentoir dont les montants dorés prolongent le comptoir de laiton sur lequel se reflètent en silhouettes imprécises les photographies jaunies de migrants en regard sombre qui déambulent dans les rues poussièreuses d'avant le drapeau, attendent les pâtisseries traditionnelles qui pourront accompagner un réconfortant submarino:un part de faln casero***, un budin de pan. 

Le « budín de pan » est la variation ríoplatense du pudding. C’est un plat simple, consistant, résolument anti-gaspillage puisque son ingrédient principal est le pain sec, mais qu’un peu d’imagination peut transformer en un délicieux dessert dont la saveur s’adapte en fonction de votre inspiration. C’est le plat de la grand-mère, du salon de thé, des dimanches après-midi, du goûter en rentrant à la maison.

Recette du budín de pan :
- Pour commencer, conservez votre pain sec jalousement : rien pour les pigeons, rien pour la poubelle, c’est la farine de la mie de pain qui est recyclée  pour faire notre gâteau. Baguette, pain complet, aux céréales, aux noisettes, à la farine de châtaigne, tout est bon, tout se mélange et apportera de la variété chaque fois que vous ferez cette recette. 
- Munissez-vous d’un bon couteau à pain et ôtez la croûte. Ne vous inquiétez pas, vous avez affamé les pigeons mais vous nourrirez les souris : impossible de ne pas faire sauter des miettes de pain sec dans toute la cuisine. Un coup de balai suffira si vraiment vous n’aimez pas les animaux.
- Découpez la mie en petits morceaux, déposez la dans un saladier et recouvrez la de lait. Laissez la mie bien s’imbiber et homogénéisez en malaxant avec une fourchette. Ajoutez un œuf pour un petit saladier, mélangez bien et reversez dans un plat à gâteau.
- Accommodez : sucrez très peu ou ajoutez une grosse cuillérée de confiture (celle que vous avez au frigo fera tout à fait l’affaire, ou celle un peu liquide avec des gros morceaux de fruits que vous avez préparée l’année dernière) et mélangez grossièrement.
- Préparez la croûte : saupoudrez du sucre sur la préparation –de préférence un sucre parfumé comme du sucre de canne complet ou de la panela– mais sans mélanger : en cuisant la couche de sucre se transformera en une délicieuse croûte qui ne rend pas nécessaire de sucrer la préparation.
- Enfournez dans le four préchauffé à 180°C jusqu’à ce que la surface prenne une belle coloration mordorée (entre 20 minutes et 1h30 selon la quantité de lait que vous avez mise et la densité que vous souhaitez obtenir).
- Laissez reposer au froid pour que le budín se tasse bien.

Budin de pan





 * Ses autres articles sur ce blog: 
Sur la viande argentine et la provoleta: Bienvenus au royaume de la viande et des empanadas!

**Le Río de la Plata est le fleuve séparant l'Argentine de l'Uruguay, entre autres choses. Le Río de la Plata est aussi une véritable région culturelle.

***La recette du flan casero sur ce lien.


vendredi 8 juillet 2011

Un encoca'o à San Lorenzo


Il m'aura fallu de longs mois, dans l'attente de l'orage, le bon, le seul, l'unique, celui qui accompagné de son encombrante moiteur et chargé de ses si grosses gouttes, allait réussir à m'emmener jusqu'à San Lorenzo, petite ville dressée sur pilotis sur les rives portant les paletuviers de la mangrove équatorienne. 

Le petit port de San Lorenzo

San Lorenzo, un soir de pluie, comme tant d'autres

Il est encore tôt mais il fait nuit depuis déjà plus de trois heures, la pluie tombe, de plus en plus fort, les moustiques rodent. De la salsa romantica emplit d'émotion les passants, le bingo familial est terminé, les débits de boisson locaux se remplissent et seul le bruit incessant des camions et motos vient rompre le charme de cette soirée tropicale.

Nous arpentons les rues de la petite ville, nous aventurant dans les rues mal éclairées, à la recherche d'un repas que nous aurions mieux fait de prendre avant, car à San Lorenzo, on dîne tôt. Pas de dîner en perspective, nous dégotons deux énormes maduros* que nous engloutissons, affamés comme deux voyageurs égarés que nous sommes. Puis, à défaut de restaurant ou autre gargotte, nous finissons à l'entrée d'un petit bar vibrant au rythme de bachatas assourdissantes, assis sur des tabourets de plastiques, une bière à la main, sans doute une deuxième...
La pluie ne s'est pas arrêtée, les nids de poule des rues se sont remplis d'eau, c'est donc les pieds trempés que nous arrivons dans notre chambre, prêts à bondir sous la toile protectrice tendues au dessus du lit. Quel délice d'écouter la pluie qui tombe lourdement, bien à l'abri sous une moustiquaire dans la petite chambre que nous occupons pour ces quelques nuitées passées ici. Souvenir de pluie, de tiédeur enveloppante et de salsa pour ces nuits sur pilotis...

Crevettes à foison
Les locaux auraient tort de se passer de la consommation de ces petites bêtes envahissant toujours plus, année après année, les morceaux de mer contenus par les mangroves. Les crevettes grandissent bien et vite en ces eaux chaudes et nourrissantes, et les industriels, petits et grands, ont vite intégré le filon que pouvait représenter cette zone côtière, à la frontière de la Colombie. Malheureusement, ces élevages contribuent grandement à la perte de la biodiversité locale et privent les habitants de leurs ressources traditionnelles, notamment la pêche, contaminée par la polution des élevages.
Si le poisson n'est pas toujours présent dans les assiettes, la crevette, elle, trône royalement à toutes les pages des menus. La langoustine n'est pas en reste et côtoie sa petite soeur, à des prix à peine plus élevés.

Atablés au Ballet Azul, un petit restaurant aux murs recouverts de carrelage bleu, à l'angle de la rue principale de San Lorenzo; une fois de plus, entre el ceviche de langostinos, los langostinos reventados et el encoca'o de camarones, nous optons pour ce dernier. La patronne, désormais habituée à nous compter parmi ses clients, nous offre un sourire. Les deux encoca'o ne tardent pas à arriver, enrobant la petite salle d'une odeur chaude et sucrée. 


Une recette d'encoca'o de crevettes

Les trois étapes préalables à la cuisine

Pour faire de ce plat une réussite, je vous invite comme première étape et premier ingrédient à penser les tropiques, vos tropiques. Les images qui sont votres, rappelées à votre mémoire par le souvenir de douceurs d'un voyage ou simplement imaginés, rêvées.

La deuxième étape vous fera passer par le poissonnier, c'est là toute la difficulté de la recette, car les crevettes ne poussent pas dans nos champs et ne foisonnent pas sur nos rivages. La plupart du temps, elle viennent de loin et ne coûtent presque rien, au détriment des travailleurs qui les pêchent et des populations qui vivent à proximité des gigantesques élevages. Alors comment faire ? Je dois avouer que je n'ai pas trouvé la solution idéale. La voie que j'ai choisie (et cela vaut pour les tous les produits de la mer que je consomme, c'est-à-dire très peu) et celle du plaisir rare. Si nous décidons de faire un encoca'o, c'est presque un événement en cuisine ! Je collecte patiemment les différents ingrédients ; puis, le jour venu, j'attaque le poissonnier de mes interrogations, et repars malheureusement avec peu de réponses, et éventuellement, un peu de crevettes, si ses réponses m'ont paru relativement satisfaisantes et les bêtes appétissantes.

La troisième étape est le temps d'un dîner la victoire de l'exotisme sur le local, car on ne cuisine pas une recette tropicale avec du chou rave et du brocoli ! Ceci dit, il est préférable de cuisiner ce plat en été, puisqu'il comporte des tomates.

Pour deux personnes, il vous faudra :



Deux poignées de crevettes (si vous vivez à proximité de zones de pêche de langoustines, ne vous privez pas!) ; une boîte de lait de coco ; deux tomates bien mûres et goûtues, des oignons (sucrés de préférences) et une botte de coriandre. De l'huile, quelques « dents » d'ail et un morceau de piment (éventuellement du poivron si vous préférez un plat plus doux, on trouve du poivron vert français en ce moment, profitons-en!), un demi citron et du sel.

En accompagnement : du riz et du platano pisa'o (la recette!), ou des frites de manioc (la recette!).

Le plat est simple mais fameux : faites revenir l'ail et le piment dans l'huile, jetez les oignons découpés grossièrement, et faites-les revenir jusqu'à ce qu'ils soient tendres (et digestes). Ajoutez les tomates découpées en petits morceaux, un peu de jus de citron, faites les cuire un peu puis versez le lait de coco. Une fois que celui-ci a chauffé, faites cuire les crevettes dans le lait. Parsemez le tout de coriandre fraîche. 

Puis voyagez par le goût, l'odeur, et le plaisir...




*maduros : bananes plantain grillées ; en Equateur, elles peuvent se manger ainsi, bien chaudes et tendres à souhait, ou ouvertes en deux ; dans ce cas, selon les régions, on y ajoute une lamelle de fromage frais ou une patte de poulet grillé...

jeudi 21 avril 2011

Salade littéraire au soleil

Nouveau voyage gastronomique en littérature en ce mois d'avril déjà bien avancé; profitons-en, afin de célébrer cette douce chaleur enveloppant nos corps d'une tiédeur réconfortante, pour rire d'une salade...

Comment Gargantua mangea en salade six pelerins, Gargantua, chapitre XXXVI

"Le propos requiert que racontons ce qu'advint à six pelerins qui venaient des Saint Sebastian près de Nantes, & pour soi héberger celle nuit de peur des ennemis s'étaient mussés on jardin dessus les poyzars entre les choux et laitues.
Gargantua se trouva quelque peu altéré et demanda si l'on pourrait trouver de laitues pour faire salade. Et entendant qu'il y en avait des plus belles et grandes du pays, car elles étaient grandes comme pruniers ou noyers, y voulut aller lui-même et en emporta en sa main ce que bon lui sembla. Ensemble emporta les six pelerins, lesquels avaient si grand peur qu'ils ne osaient ni parler ni tousser. Les lavant doncques premièrement en la fontaine, les pelerins disaient en voix basse l'un à l'autre: Qu'est-y de faire? nous nayons ici, entre ces laitues, parlerons-nous? mais si nous parlons il nous tuera comme espies. Et comme ils délibéraient ainsi, Gargantua les mit avecques ses laitues dedans un plat de la maison, grand comme la tonne de Cisteaux, et avecques huile, et vinaigre, et sel, les mangeait pour soi rafraîchir davant souper, et avait jà engoullé cinq des pélerins. 
Le sixième était dedans le plat, caché sous une laitue, excepté son bourdon* qui apparaissait au-dessus. Lequel voyant Grandgousier dit Gargantua: Je crois que c'est là une corne de limasson, ne le mangez point. Pourquoi? dit Gargantua. Ils sont bons tout ce mois. Et tirant le bourdon, ensemble enleva le pélerin et le mangeait très bien. Puis beut un horrible trait de vin pineau, et attendirent que l'on apprêtât le souper.
Les pelerins ainsi dévorés se retirènt hors les meules de ses dents le mieux que faire purent, & pensaient qu'on les eût mis en quelques basse fosse des prisons. Et lorsque Gargantua beut le grand trait, cuidèrent noyer en sa bouche, et le torrent de vin presque les emporta on gouffre de son estomac. Toutefois, sautant avecques leurs bourdons comme font les micquelots, se mirent en franchise l'orée des dents. 
Mais par malheur l'un d'eux, tâtant avecques son bourdon le pays, à savoir s'ils étaient en sûreté, frappa rudement en la faulte d'une dent creuse, et ferut* le nerf de la mandibule. Dont fit très forte douleur à Gargantua, et commença crier de rage qu'il endurait. Pour doncques se soulager du mal, fit apporter son cure-dents, et sortant vers le noyer grollier*, vous denigea messieurs les pelerins. Car il arrapait l'un par les jambes, l'autre par les épaules, l'autre par la besace, l'autre par la fouillouze*, l'autre par l'écharpe; & le pauvre hère qui l'avait féru du bourdon, le accrocha par la braguette. Toutefois, ce lui fut un grand heur, car il lui perça un bosse chancreuse, qui le martyrisait depuis le temps qu'ils eurent passé Ancenys. Aisni les pelerins dénigés d'enfuirent à travers la plante le beau trot, et apaisa la douleur. 
En laquelle heure fut appelé par Eudemon pour souper, car tout était prêt. Je m'en vais doncques (dit-il) pisser mon malheur. Lors pissa si copieusement que l'urine trancha le chemin aux pelerins, et furent contraints passer la grande boire. Passant de là par l'orée de la Touche, en plein chemin tombèrent tous, excepté Fournillier, en une trappe qu'on avait fait pour prendre les loups à la trainée. Dont échappèrent moyennant l'industrie du dit Fournillier, qui rompit tous les lacs et cordages. "


* Bourdon: bâton de pèlerin
*ferut: passé simple du verbe férir, frapper
*noyer grollier: le noyer à nix si dures que seuls les grolles (les corbeaux) peuvent les casser
*la foillouze: la bourse
De nombreuses notes sont disponibles dans l'édition La livre de poche, la Pochothèque, Les cinq livres


&
Joyeuses Pâques!

mercredi 23 février 2011

Petit déjeuner tropical


Comme tous les matins, la grande maison de bois s'agite dès 5h30. Le soleil dort encore profondément, quand le maître de maison est déjà occupé par mille tâches. La fraîcheur matinale est douce, compatissante avec nos corps à peine éveillés.
Une fièvre du coin m'a clouée au lit hier soir, j'ai ainsi fait une longue nuit, et je me décide plus vite que la veille à soulever un coin de moustiquaire. Aucun moustique ne m'attaquant, je pose mes deux pieds au sol, enfile quelque vêtement, et pousse le volet en bois. Le rio Esmeralda semble plus paisible que de jour, pas encore de pirogue pour perturber son sommeil. L'odeur lourde de la terre témoigne de l'averse nocture, chiens, poules et cochons se sont glissés pendant la nuit entre les pilotis pour se mettre à l'abri du plancher. 

Soudain, un ronflement du grand-père, plus fort que le précédent, réveille un des enfants ; ce dernier saute du lit, ébranle la maisonnée, le gros chien noir soulève l'une de ses oreilles, s'essaye à aboyer, cela réveille le plus gras des cochons, qui en se levant bouscule le dindon, lequel mécontent pince son voisin canin, celui-ci lance un aboiement, et le soleil, dans un gigantesque baîllement, fait enfin son apparition.



J'ai faim.
Et pourtant, ce n'est guère le moment. J'enfile mes chaussures, descends admirer le fleuve s'étirant, et pars aider à l'installation du petit atelier de transformation des fèves de cacao. Ce seront bien deux ou trois bonnes heures de travail avant le petit déjeuner, ces quelques fèves séchées me tiendront compagnie d'ici là.


Vers 8h30, l'appel de la cuisine se fait entendre, les outils sont lâchés, le sourire aux lèvres nous délaissons le travail et montons dans la maison nous atabler en silence.
Ce matin, "guanta"* bouilli, servi en soupe. Chacune hume son grand bol et s'attèle à déguster son morceau de viande, cuit dans un bouillon salé. Au milieu de la table, une grande assiette offre à volonté des bananes plantain bouillies, et le riz déborde d'un saladier. Café au lait ou infusion d'herbe pour tous, nous dépareillons à consommer notre café à l'eau, étranges étrangers que nous sommes.



*Guanta (je ne connais pas la véritable orthographe du mot, la retranscription est phonétique): petit animal hargneux, élevé pour être mangé, met de choix dans le coin. Surtout ne pas passer la main au travers de la grille pour lui chatouiller les moustaches. Se contenter de le regarder et de le manger.

Petits Voyages Gastronomiques fête ce 23 février ses deux ans de périple...L'article le plus lu, la recette apparemment la mieux appréciée? L'empanada d'Argentine!